
Résolution de Problèmes & Adaptabilité
Diagnostiquer vite, apprendre ce qu'il faut, converger sous contrainte de temps. 26 ans de carrière entre Celiane (1999, ma première entreprise à 18 ans) et CTO SaaS ACCENSEO (2026), 6 cycles d'études jusqu'au MBA, 18 ans de stacks très différentes.
Ma définition
La résolution de problèmes, telle que je la pratique, c'est la conversion disciplinée d'un symptôme flou en diagnostic clair et plan convergent, sous contrainte de temps et de budget. L'adaptabilité est la méta-compétence qui permet de refaire l'exercice sur un domaine ou une stack inconnus sans perdre de vitesse. Sur 18 ans de pratique professionnelle, ces deux compétences sont devenues indissociables chez moi : le muscle de diagnostic est exactement ce qui rend confortable dans un environnement nouveau, et c'est ce qui explique la trajectoire Celiane (1999, ma première entreprise à 18 ans) → CTO SaaS ACCENSEO (2026).
Je l'exerce sur 3 couches de profondeur :
- Surface : debug en prod, lecture rapide de stack trace, reproduction d'un bug.
- Milieu : root cause sur un domaine régulé (comptabilité française, Open Banking DSP2, NIS2) où l'erreur a un coût juridique direct.
- Profond : recadrage business complet quand la solution initiale est épuisée - comme le DAM Pichet repris après 360 K€ de dépenses échouées et 5 chefs de projet précédents.
Le couple problem-solving / adaptabilité est ma signature structurelle : ce sont les deux compétences les plus récurrentes sur l'ensemble de mes parcours et réalisations.

Sur le marché 2026, le churn accéléré des stacks (Bun, edge runtimes, agentic AI, vertical SaaS) a fait de l'adaptabilité un filtre de recrutement senior explicite. Le rapport AI Tooling for Software Engineers in 2026 du Pragmatic Engineer le confirme : dans une industrie où 80 % des ingénieurs devront se mettre à niveau sur les outils IA d'ici 2027 (Gartner), les équipes qui gagnent ne sont pas celles qui maîtrisent une stack mais celles qui ré-apprennent vite. Le profil T-shaped - large adaptabilité avec une ou deux profondeurs - devient l'archétype recruté. L'enquête est relayée côté francophone par Developpez.net dans Stack Overflow Developer Survey 2025 : la place grandissante mais controversée de l'IA chez les développeurs français, avec 41 % du code généré par IA déjà intégré au quotidien.
Mes éléments de preuve
Anecdote 1 : Recadrer le projet DAM après 360 K€ de gaspillage
Quand j'ai repris le DAM en février 2019, le projet n'était pas en retard : il était dans une impasse. 5 chefs de projet s'étaient succédé, plus de 360 000 € avaient été dépensés en licences OpenText, prestataires intégrateurs et pilotage interne, et la plateforme servait à peine 20 personnes là où elle devait équiper les 1 400 salariés du Groupe Pichet. La direction hésitait entre l'abandon pur et un nouveau prestataire - ce qui aurait reproduit le même schéma.
J'ai refusé d'attaquer la solution avant d'avoir reformulé le problème. Avec Stéphanie L., la nouvelle Directrice de la Communication, on a posé 3 questions de fond avant de relancer quoi que ce soit : quel résultat business la plateforme doit produire (faire disparaître la redistribution manuelle d'assets, pas juste héberger des images), quelle réversibilité contractuelle est non-négociable (sortir du SaaS sans lock-in), et à quoi ressemble une journée réussie au jour 90 (un commercial trouve seul son visuel programme en moins de 2 minutes). Une fois ces 3 critères posés, j'ai bâti la méthodologie de benchmark indépendante en 6 étapes et orienté l'évaluation vers Bynder plutôt que vers une nouvelle tentative OpenText.
Bynder est passé en production le 18 novembre 2020, 1 400 utilisateurs onboardés, contrat signé avec clauses de SLA et de réversibilité verrouillées par notre juriste. Là où 5 tentatives avaient échoué, le recadrage a fait livrer le projet en moins de 2 ans pour quelques dizaines de milliers d'euros.
Cette méthode de recadrage - reformuler le problème avant de toucher la solution - est devenue un réflexe que je rejoue aujourd'hui sur chaque mission CTO advisory chez ACCENSEO.
Un projet en échec n'a presque jamais un problème de mauvaise solution, il a un problème de problème mal posé. C'est une thèse classique en management de projet et en design thinking : avant de chercher comment résoudre, il faut s'assurer qu'on a bien identifié quoi résoudre.
Anecdote 2 : Apprendre Babel AST + PostCSS en 6 semaines pour Tailwind v4
Fin 2025, Tailwind v4 est sorti, complètement réécrit en Rust/Oxide. L'unique outil d'obfuscation existant (unplugin-tailwindcss-mangle) reposait sur le patching des internals de Tailwind - approche qui a cassé net avec la v4. Aucune solution compatible n'existait sur le marché, et plusieurs équipes que je conseille avaient explicitement besoin de cet outillage pour livrer leur design system. La fenêtre était courte : 6 semaines avant que la communauté ne se rabatte sur des contournements ad hoc.
J'ai pris une décision contre-intuitive : plutôt que de patcher les internals comme le concurrent, j'ai misé sur l'analyse statique pure - scanner directement les fichiers source pour identifier les classes utilisées, sans dépendre d'aucune internal Tailwind. C'était parier sur une stack que je n'avais jamais touchée : Babel AST pour parser JSX/TSX/Vue/Svelte/Astro/Qwik, PostCSS pour transformer le CSS compilé, magic-string pour les remplacements préservant les sourcemaps, et 5 plugins bundlers (Vite, Webpack, Rollup, esbuild, module Nuxt) partageant le même moteur central. J'ai appris la stack en pair-programming avec Claude Code, en validant chaque hypothèse par des tests.
6 semaines plus tard, j'ai publié tailwindcss-obfuscator sur npm : 82 K lignes de TypeScript, 295 tests, 10 frameworks supportés, détection automatique Tailwind v3 vs v4, monorepo TurboRepo. Premier outil compatible Tailwind v4 sur le marché, adopté par des équipes externes dès les premières semaines.
Ce que je retiens, ce n'est pas l'outil mais la méthode : quand une stack inconnue est sur le chemin critique, on ne contourne pas, on apprend - mais on apprend par le test, pas par le tutoriel. La même mécanique me permettra demain d'absorber Bun + edge runtimes, ou n'importe quelle stack qu'un futur rôle CTO scale-up exigera.
Anecdote 3 : Absorber la régulation comptable française en quelques mois
Quand j'ai démarré le SaaS comptable d'ACCENSEO début 2025, je connaissais bien le développement full-stack mais je n'avais aucune expertise comptable formelle. Le domaine ne pardonne pas l'à-peu-près : PCG, CGI, Code de commerce, EDI Teledec, DSP2 pour l'Open Banking, mandat e-facturation 2026-2027. Toute erreur de calcul fiscal a une conséquence financière directe pour le client. Et l'horizon n'était pas modulable : la conformité e-facturation devait être prête avant fin 2026.
J'ai traité la régulation comme une spec système, pas comme une couche métier annexe. J'ai sauvegardé les pages clés du PCG, regardé les outils similaires disponibles sur le marché pour comprendre leurs choix de modélisation et leurs parcours utilisateur, mené une étude de marché des plateformes de dématérialisation (PDP) et un audit de sécurité des SaaS existants (qui a révélé des failles IDOR + KYC chez plusieurs acteurs). Puis j'ai mappé les règles dans des modèles Prisma : 91 modèles, 63 enums, 6 rôles différenciés (Admin, Collaborateur, Consultant, Comptable, Comptabilité, Banque). Pour chaque feature - TVA CA3, IS, CFE, CVAE, DAS2, PAS - j'ai écrit la spec puis des scripts de vérification des calculs avant d'enchaîner les tests de non-régression.
234 K lignes de code livrées en solo, 42 features, 382 routes API, intégration 3 providers Open Banking (GoCardless/Nordigen, Bridge, Qonto), envoi EDI via Teledec, assistant IA multi-fournisseurs (OpenAI, Claude, Gemini), conformité e-facturation 2026-2027 atteinte avant l'échéance.
L'adaptabilité ne m'a pas servi à survivre, elle m'a servi à transformer un domaine régulé en moat produit. C'est exactement la posture que cherche un CTO scale-up B2B en industrie régulée (santé, finance, immobilier institutionnel) : prouver qu'on peut absorber un cadre légal en quelques mois et le coder sans concession.
Mon autocritique
Niveau Expert. La récurrence sur le portfolio (33 références au problem-solving, 32 à l'adaptabilité) n'est pas un hasard : c'est ma signature structurelle. Capacité prouvée à recadrer un projet après 360 K€ de dépenses (DAM Bynder), absorber la régulation comptable + e-facturation 2026-2027 en quelques mois, et opérer simultanément du PHP legacy, du TypeScript moderne et du Kotlin Android.
Résolution de problèmes et adaptabilité sont la fondation absolue de mon profil : tout le reste - architecture, leadership, sécurité, data - repose dessus, et sans elles aucune compétence ne se transfère vraiment d'un contexte à l'autre. C'est ce qui transforme chaque nouvelle stack, chaque nouveau domaine, chaque nouvelle organisation en terrain praticable plutôt qu'en montagne à gravir.
Sur le marché 2026, c'est aussi mon différenciateur clé. Le churn de stacks et de business models s'accélère : recruter un CTO senior capable de diagnostiquer un système inconnu, de recadrer un projet en échec et d'absorber un domaine régulé en quelques mois est devenu plus rentable que recruter un expert pointu d'un domaine qui sera obsolète dans 3 ans. C'est la compétence qui me permet d'attaquer indifféremment santé, finance, immobilier institutionnel ou industrie - et c'est elle qui rend les autres lignes de mon profil monétisables.

Vitesse d'acquisition
La trajectoire la plus parlante reste mon parcours complet sur 26 ans : de la création de Celiane en 1999 (ma première entreprise à 18 ans) au CTO SaaS ACCENSEO (2026), au croisement du salariat sur SI critiques et de l'entrepreneuriat tech. Indicateur récent : quelques mois pour absorber la régulation comptable française (PCG, EDI Teledec, e-facturation 2026-2027) sur le SaaS comptable ACCENSEO, sans expertise comptable formelle au départ.
À moi-même : sortir volontairement de la zone de confort tous les 12-18 mois sur une stack ou un domaine inconnu, tenir un journal des recadrages pour calibrer le réflexe.
Aux autres : ne jamais accepter un symptôme comme problème, toujours remonter à la racine business avant de plonger dans la solution technique. La répétition sur des contextes différents bat l'expertise sur un seul.
Mon évolution dans cette compétence
Le couple problem-solving / adaptabilité est la fondation qui fait de moi un CTO scale-up plutôt qu'un expert d'une stack. Dans mon plan de carrière 2026-2028, il me permet d'absorber un nouveau domaine régulé sans transition longue, de redresser une dette technique structurelle et de muscler une équipe sur une stack inconnue. Sans lui, le saut EM → CTO serait conditionné à un domaine connu d'avance, ce qui restreint le marché adressable.
L'objectif est de rester à la pointe sans dégradation : pouvoir reprendre une organisation tech sur un domaine que je n'ai jamais exercé, atteindre la production en moins de 90 jours et installer un cycle hire-to-impact équipe sous 60 jours. Indicateur secondaire : livrer au moins un projet OSS hors mon domaine de confort chaque année.

RAG et LLM hands-on intégrés aux pipelines ACCENSEO (Claude, GPT, Gemini, TRELLIS, TripoSR), lecture continue d'ouvrages finance pour pousser un domaine éloigné du tech - Aswath Damodaran (NYU Stern, valuation guru) et Michael Mauboussin (Morgan Stanley, Consilient Observer). Intake hebdomadaire de blogs ingénierie hors stack courante (Rust, Zig, Elixir).
Programme Finance for Tech Executives (HBS Online, type Financial Accounting ou équivalent INSEAD / Wharton) envisagé en 2027 pour consolider le pont domaine-finance. Cohorte annuelle d'apprentissage hors confort - neuroscience appliquée (Andrew Huberman, Stanford), négociation (Harvard Program on Negotiation), design system (Brad Frost - Atomic Design) - pour entretenir le réflexe d'inconfort volontaire.
Ma routine d'inconfort
Une nouvelle stack ou un nouveau domaine adopté tous les 12-18 mois sur projet OSS ou client. Hebdo : 2h de réactivation sur une compétence négligée, 1h de lecture hors silo.
Lectures piliers sur la résolution de problèmes et l'adaptabilité, anglophones et francophones :
- Mindset et apprentissage continu : Range: Why Generalists Triumph in a Specialized World (David Epstein) - éloge du profil T-shaped sur lequel je m'appuie ; Mindset: The New Psychology of Success (Carol Dweck) - fondations académiques du growth mindset ; Ultralearning (Scott Young) - protocole d'apprentissage accéléré aligné avec ma méthodologie d'absorption rapide de domaines régulés.
- Résolution de problèmes : Are Your Lights On? (Gerald Weinberg) - référence courte et fondatrice sur le recadrage de problème ; Thinking, Fast and Slow (Daniel Kahneman) - biais cognitifs et heuristiques ; Décider en toute connaissance de soi (Olivier Sibony, Dunod) - référence francophone sur la décision rationnelle.
- Adaptabilité et résilience : Antifragile (Nassim Taleb) - théorie des systèmes qui gagnent au stress et à la volatilité plutôt que d'y résister.






